Prestations culturelles dans le service public médiatique
27.11.2025 – Il est dans l’intérêt de tous que les prestations culturelles des médias électroniques financés par des fonds publics soient transparentes et compréhensibles. Cela vaut en particulier pour les chaînes de la SSR. La formation et la culture figurent en tête des missions définies dans la Constitution fédérale, dans la loi sur la radio et la télévision et dans la concession accordée à la SSR.
Par cet article, nous ne prétendons pas que les chaînes de la SSR ne diffusent pas suffisamment de culture. Nous n’émettons ici aucune critique quant au contenu ou à la stratégie du service public. En tant que société de gestion, ProLitteris ne fait pas de politique médiatique, mais notre activité nous lie aux associations professionnelles et sectorielles dans le domaine de la parole et de l’image.
Notre point de départ est le mécontentement et les malentendus des créateurs littéraires et culturels en ce qui concerne la radio et la télévision. Lorsque des émissions culturelles sont supprimées, cela suscite un grand regret, mais peu de chiffres et de faits sont disponibles sur l’ensemble de la production culturelle. Et le dialogue entre les associations culturelles et la SSR fonctionne parfois mieux, parfois moins bien, avec une substance incertaine.
Au lieu de nous concentrer sur des émissions individuelles, nous nous intéressons donc à la question de la gestion des prestations culturelles : la gouvernance de la SSR.
Aujourd’hui, les prestations des programmes et des autres offres sont principalement présentées de manière qualitative, avec des mots et des exemples. Elles apparaissent en outre horizontalement, comme faisant partie d’un tout : les reportages font partie du vaste domaine de l’« information », et l’approfondissement se fond dans l’amalgame « culture, société et éducation ».
Notre proposition : il convient de compléter cette présentation par une présentation quantitative de la prestation culturelle, qui se consacre verticalement aux domaines culturels. Si la SSR présente ses multiples prestations culturelles de manière plus précise et plus systématique, elle favorise la transparence, sert le public intéressé et les acteurs concernés. La SSR peut ainsi répondre de manière plus objective aux attentes.
Tous les programmes radio et TV ainsi que les autres offres journalistiques des unités d’entreprise ont accès à une présentation uniforme et claire des prestations culturelles de la SSR. Les prestations culturelles peuvent être comprises comme un système à trois niveaux.
Au premier niveau, la SSR fournit, comme d’autres prestataires, une large couverture culturelle dans le cadre de sa mission d’information.
Au deuxième niveau, le fournisseur assure une médiation culturelle ciblée. Cela comprend une critique culturelle compétente, dédiée, rédactionnelle et permanente.
Au sommet, au troisième niveau de la prestation culturelle, se trouve la production et la promotion ciblées, qui couvrent, outre la création cinématographique, autant de catégories d’art que possible, mais naturellement pas toutes.
Une offre médiatique de service public doit se consacrer à des domaines éprouvés. Pour la culture, il s’agit séparément du cinéma, de la musique, de la littérature, du théâtre, des arts plastiques, de la photographie, de la danse et des médias.
Les structures telles que celles qui existent dans le domaine du cinéma suisse (Pacte de l’audiovisuel) et de la musique (Charte de la musique suisse) doivent être consolidées. Une collaboration contraignante doit être étendue à des domaines tels que la littérature et la science : un Pacte de la littérature est nécessaire.
C’est pourquoi la SSR devrait miser sur une coopération institutionnalisée avec les associations professionnelles et sectorielles. Les systèmes d’assurance qualité et d’objectifs déjà établis dans les mandats de prestations et dans la pratique doivent également être utilisés pour les prestations culturelles et éducatives (art. 4 et 5 de la concession SSR).
Lors de l’élaboration de ce concept, il convient de respecter la liberté des médias et l’autonomie des programmes des organismes de radiodiffusion. En outre, aucune bureaucratie inutile ne doit être créée. Les objectifs (dans le cadre de la stratégie), les accords (dans le cadre de la coopération) et les procédures (dans le cadre de la gestion et de la surveillance) doivent être simples et transparents. Cela permet également d’éviter les distorsions du marché résultant du fait que les organismes de radiodiffusion fournissent une promotion culturelle.
Il est recommandé à la SSR de mettre en place une planification, un contrôle et une information pragmatiques, honnêtes et systématiques. Outre les prestations culturelles, des domaines tels que le journalisme scientifique pourraient également être gérés de manière comparable.
L’élaboration d’un concept pour la planification, le reporting et la gouvernance des prestations culturelles dans le service public devrait être initiée par la SSR. Si un accompagnement politique et un ancrage juridique s’avèrent nécessaires, ils pourraient prendre la forme suivante.
- Étude sur la prestation culturelle conformément à l’art. 4, al. 5, de la concession SSR.
- Obligations de coopération prévues à l’art. 7, al. 3, de la concession SSR, par exemple dans le domaine de la littérature.
- Objectifs mesurables en application ou en adaptation de l’art. 5 de la concession SSR (stratégie d’offre).
Les indicateurs clés peuvent être les budgets financiers et les effectifs, ainsi que la quantité et la durée des contenus. Les conflits d’objectifs entre « audience » (portée) et « qualité » (résonance) doivent être gérés de manière consciente et présentés de manière mesurable.
Les associations culturelles, littéraires et médiatiques sont proches de la SSR et de ses contenus. La création culturelle et le service public médiatique profitent l’un de l’autre. Cette situation invite à un débat non seulement anecdotique, mais aussi institutionnel et substantiel. La responsabilité en incombe à la SSR, qui subit actuellement de fortes pressions politiques et économiques.